top of page

Prise d'acte : a-t-on droit au chômage ?

Salarié présentant ses griefs à son employeur : prise d'acte et chômage

FAQ droit du travail

 

Pas immédiatement. La prise d'acte est une rupture à l'initiative du salarié : elle ne figure pas parmi les cas de perte involontaire d'emploi qui ouvrent droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Le salarié qui prend acte de la rupture se trouve donc, au départ, dans la situation d'un démissionnaire au regard de l'assurance chômage, alors même qu'il impute la rupture à son employeur.

 

Pourquoi la prise d'acte n'ouvre pas droit aux allocations

 

L'allocation est réservée aux salariés dont la privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire, ainsi qu'aux cas de rupture conventionnelle et de rupture d'un commun accord (article L. 5422-1 du Code du travail). Le règlement général annexé à la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024 précise ces cas : licenciement, fin de contrat à durée déterminée ou de mission, rupture anticipée d'un tel contrat à l'initiative de l'employeur, rupture pour motif économique, et une liste limitative de démissions considérées comme légitimes (article 2). La prise d'acte n'y figure pas. Au moment de la rupture, rien ne permet de savoir si elle produira les effets d'un licenciement ou d'une démission : c'est le juge qui le dira.

 

Ce qui se passe après le jugement

 

Si le conseil de prud'hommes juge la prise d'acte justifiée, elle produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, ou d'un licenciement nul. La rupture est alors imputable à l'employeur, et la situation du salarié au regard de l'assurance chômage peut être réexaminée au vu de cette décision. Il convient de transmettre le jugement à France Travail dès qu'il est rendu.

 

Si la prise d'acte est jugée injustifiée, elle produit les effets d'une démission : le salarié n'a pas droit aux allocations au titre de cette rupture et peut en outre devoir une indemnité compensatrice de préavis à l'employeur.

 

En attendant : le réexamen au 122e jour

 

Le salarié qui a quitté volontairement son emploi et dont le chômage se prolonge peut demander le réexamen de sa situation par l'instance paritaire régionale de France Travail. Cet examen n'intervient qu'après un délai de 121 jours ; le salarié doit remplir les autres conditions d'indemnisation et justifier de ses recherches actives d'emploi, de ses éventuelles reprises d'emploi de courte durée et de ses démarches de formation. En cas d'avis favorable, les allocations sont versées à partir du 122e jour (règlement général, article 46 bis, § 1er).

 

Des alternatives à peser avant de prendre acte

 

La perte immédiate du salaire, sans allocation chômage et pour une durée qui dépend du calendrier judiciaire, est le principal risque de la prise d'acte. D'autres voies existent :

 

  • la résiliation judiciaire permet de soumettre les mêmes manquements au juge tout en restant en poste ; si elle est prononcée, la rupture produit les effets d'un licenciement ;

  • la rupture conventionnelle, lorsque l'employeur y consent, ouvre droit aux allocations chômage, avec une durée d'indemnisation réduite pour les contrats rompus depuis le 1er septembre 2026 ;

  • en cas de salaires impayés, la démission peut être considérée comme légitime si le salarié justifie d'une ordonnance de référé lui allouant une provision sur les arriérés de salaire : voir notre page démission et chômage.

 

Les conditions, les manquements qui justifient une prise d'acte et ses effets sont détaillés sur notre page consacrée à la prise d'acte de la rupture du contrat de travail. Avant toute décision, contactez le cabinet : une prise d'acte ne se rattrape pas.

bottom of page